Nous l’avouons sans honte : nous étions les premiers sceptiques à l’annonce d’une suite à Gladiator. Puis, le temps s’est écoulé. Les annonces sur le casting, les premières images sont tombées et nous avons retrouvé un peu d’espoir. Ça y est, nous avons vu Gladiator 2 de Ridley Scott et c’est… un échec. Dénué d’âme, ce film enchaîne les erreurs et coche toutes les cases à éviter pour nous offrir une histoire digne de son prédécesseur. L’épopée attendue n’arrive jamais. Pourquoi Ridley, pourquoi ? En salles ce mercredi 13 novembre.

Synopsis : Des années après avoir assisté à la mort du héros vénéré Maximus aux mains de son oncle, Lucius est forcé d’entrer dans le Colisée lorsque son pays est conquis par les empereurs tyranniques qui gouvernent désormais Rome d’une main de fer. La rage au cœur et l’avenir de l’Empire en jeu, Lucius doit se tourner vers son passé pour trouver la force et l’honneur de rendre la gloire de Rome à son peuple.
24 ans après son chef d’oeuvre Gladiator, l’immense cinéaste britannique qu’est Ridley Scott, âgé de 86 ans aujourd’hui, se replonge dans cet univers qui l’a poussé au rang d’icône auprès du grand public. A l’époque, le réalisateur avait déjà une carrière bien remplie, lancée dans la fin des années 70, mais c’est réellement son Grand film sur la Rome antique qui l’a propulsé sur le devant de la scène internationale et au-delà. Réalisateur versatile qui passe d’un genre à un autre avec une telle aisance, nous sommes réellement des fans de la première heure et nous avons été conquis par nombre de ses propositions. Mais depuis le génial The Last Duel, force est de constater que la qualité n’est plus au rendez-vous. L’enchaînement House of Gucci, Napoléon et maintenant Gladiator 2 nous fait grincer des dents bien qu’on aime tendrement l’insatiable artiste en lui qui fera des films jusqu’à son dernier souffle.

C’est avec beaucoup de tristesse qu’on vous écrit que Gladiator 2 nous a déçus. L’idée de retrouver les émotions procurées par le premier était forte alléchante. Malheureusement, il ne parviendra pas à donner à son histoire ce souffle épique, tout simplement parce que son histoire est dénuée d’intérêt. La faute en premier lieu à ses scénaristes, David Scarpa (à l’origine de Napoléon ausssi) et Peter Craig, qui usent du fan service à tout va et ne peuvent s’empêcher de tomber dans des facilités que l’on voit venir à des kilomètres. À vouloir impérativement lié sa suite à l’original par tous les moyens possibles, le film en devient indigeste frôlant sans cesse les frontières du ridicule. A tel point que la chronologie semble ne plus tenir la route. Pâle copie de son aîné, intégrant le même schéma narratif à quelques événements près, ce deuxième chapitre fait honte à sa grandeur. Et cela vaut principalement pour la représentation caricaturale de personnages sans épaisseur.
« Plus réussi est le méchant, plus réussi sera le film » disait ce bon vieux Alfred Hitchcock. On se souvient de l’intraitable Joaquin Phoenix qui incarnait Commode dans le premier film avec une telle folie qu’il nous aura glacé le sang plus d’une fois. Outre ses talents d’acteur, il avait entre les mains une partition parfaitement écrite et ancrée dans le récit qui conférait à son personnage une ampleur et une valeur dignes d’un grand méchant de cinéma. Dans cette suite, sans blâmer les acteurs Joseph Quinn et Fred Hechinger qui font avec ce qu’ils ont – bien que le premier soit nettement meilleur acteur que le second – les Empereurs Geta et Caracalla ont peu d’impact et sont tellement pathétiques qu’on ne peut que s’esclaffer devant tant d’absurdité. La faute à un scénario qui ne creuse jamais ses personnages pour leur donner un tant soit peu de consistance. À aucun moment la cruauté de ces Empereurs n’est exposée ni des échanges montrés pour comprendre davantage leur psychologie.

Reste malgré tout Denzel Washington et l’acteur principal Paul Mescal qui parviennent à se démarquer avec un charisme fou, et heureusement pour nous car le tout est bien fade pour tenir 2h30 de film. Ni le retour de Connie Nielson dans le rôle de Lucilla ni Pedro Pascal n’y changeront quoi que ce soit. Nous sommes bien loin de la qualité esthétique de Gladiator premier du nom, avec des effets spéciaux pas toujours très agréables à l’oeil et des scènes de combat peu inspirées. Ce qui est encore plus marquant, c’est la vitesse à laquelle les séquences se succèdent sans jamais nous laisser le temps de s’imprégner de ce qu’il vient de se passer à l’écran. Les quelques moments épiques de Gladiator 2 sont tels des soufflés qui retombent bien vite – et ils sont vraiment rares pour le signaler. Nous finirons par nuancer notre propos car tout n’est pas à jeter. Il reste divertissant et assez grand spectacle pour plaire au plus grand nombre. Étonnamment, le film passerait bien mieux s’il n’était pas la suite d’un monstre sacré du cinéma.
Dans ces moments-là, nous ne pouvons que vous conseiller de vous faire votre propre avis. C’est encore la meilleure solution. Gladiator 2 de Ridley Scott, c’est ce 13 novembre au cinéma.
