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« Alien: Romulus » de Fede Álvarez, dans l’espace, personne ne vous entend crier que vous êtes de gauche !

Fede Álvarez redonne du souffle à la saga Alien avec ce « Alien: Romolus » qui donne des envies anti-capitalistes et s’intègre à merveille dans l’univers.

L’Uruguayen Álvarez reprend le flambeau de la saga Alien pour un film intense, politique et qui surprend par sa digestion d’une franchise culte, lui rendant hommage à tous les niveaux. On est agréablement surpris par la tournure des événéments (même si on priait le Dieu du cinéma pour un grand film par notre dernier podcast).

« Alien: Romulus » de Fede Álvarez : anti-capitalisme et liberté

Tout y est ! Avec une élégance folle, Fede Álvarez rend hommage à la saga Alien, du premier film culte et fondateur de Ridley Scott aux mal-aimés « Prometheus » et « Alien: Covenant« , s’approprie les intrigues, l’univers et les digère dans un « Alien: Romulus » qui surprend, passionne et enthousiasme. S’il manque un peu d’audace et de renouvellement dans son dernier tiers (en même temps, que faire quand le Xénomorphe commence à décimer les équipages ?), ce nouveau film est une belle porte d’entrée dans la saga, un pas de côté appréciable et malin, qui fait suite à « Alien » de Scott et qui respecte pourtant tout le reste (sans y toucher ou en y faisant référence). Il a même la belle intelligence d’ancrer le film dans un contexte politico-social et d’en faire une fable encore plus cruelle. En suivant les aventures spatiales de miniers/esclaves de la Compagnie Weyland-Yutani, des jeunes épris de liberté, qui veulent fuir leur destin tout tracé, enchaîné à leur funeste vie, Fede Álvarez nous offre un long-métrage engagé, anti-capitaliste, qui dézingue le monde dans lequel on vit. C’est brutal et méchant. C’est clairement de gauche et salvateur.

Mais voilà, la Compagnie s’amuse à torturer, manipuler, expérimenter et se fiche du nombre de morts. Tant que cela augmente la productivité et permet de se faire de l’argent… tous les moyens sont bons…. Bref, ça donne des envies de révolution, de gauchiser l’univers et d’envoyer balader dans le néant de l’espace tous les principes capitalistes… Mais heureusement, un Xénomorphe est toujours là pour foutre des plans en l’air. Et une héroïne badass aussi. Bon clairement Cailee Spaeny (vue dans « Civil War« ) n’a pas la même aura que Sigourney Weaver mais elle fait le taff, même si elle se fait voler la vedette par David Jonsson, qui joue l’androïde Andy.

« Alien: Romulus » : fluides, trucs gluants et maternité pervertie

Avec ses deux heures bien remplies, « Alien: Romulus » offre un lifting à la saga et la propulse dans un body horror encore plus prononcé, jouant avec les matières, les fluides et les visions de maternité bien dégueu (ma salle de cinéma a couiné lors des « naissances »). Cela donne un cachet supplémentaire à la franchise et permet d’innover pour quelques scènes dont l’acide/sang suspendu en zéro gravité. Et cela nous rappelle que la saga Alien est une allégorie matricielle. Les femmes s’opposent aux Xénomorphes, monstres issues des entrailles, après un baiser des facehuggers (tout en pénétration), pour se réapproprier leur pouvoir maternel. Les personnages féminins, celui de Rain (Spaeny) et Kay, jouée par Isabela Merced, ont fort à faire pour protéger leurs corps et décider de leurs destins. Il y a beaucoup à analyser de cette tendance à la maternité qui dévore et qu’on subit (un peu comme la Compagnie). De là à dire que le film « Alien: Romulus » est un plaidoyer pour le choix de ne pas faire d’enfants dans le monde actuel, il n’y a qu’un pas à franchir. Cela fait même écho à ce destin de miniers transmis par les parents au début du film et dont cette bande de jeunes essaient de s’échapper. Il y a un cercle à briser. Fede Álvarez s’amuse. On le remercie de nous offrir cette vision.

Cailee Spaeny fait un facehugger en ombre chinoise. ©20th Century Studios

Le réalisateur de « Don’t Breathe » et du remake de « Evil Dead » réussit donc sa mission de bout en bout (malgré quelques poncifs liés à la saga) et parvient donc à insuffler un vent de fraîcheur à franchise, 45 ans après le premier film. On salue la prouesse, surtout que ce n’est pas juste une sorte de « legacyquel » (comme peut l’être les derniers Scream), « Alien: Romulus » est un film à part entière, bien ancré dans son temps, malin et franchement sympathique et qui fait honneur à la saga tout en lui redonnant un coup de boost. On en redemande. (En vrai, on attend « Alien: Remus » (blague de latiniste mais que)).

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Par stephaneserieseater

Sériephile et cinéphile. Fier d'être avec Mélanie les parents de The Spectators où on retrouve notre amour des blogs et du partage en tout simplicité de nos humbles avis. J'adore écrire et passer du temps à remplir les colonnes du site. Pour mon plaisir et pour le vôtre.

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