Troisième long-métrage de Sean Durkin, réalisateur de « Martha Marcy May Marlene » qui révélait l’actrice Elizabeth Olsen en 2011 et de « The Nest », « Iron Claw » dresse le portrait d’une vraie famille de catcheurs, les Von Erich, qui auront marqué l’histoire de ce sport dans les années 80 et encore longtemps après. Zac Efron en est la révélation dans ce rôle de grand frère d’une famille de cinq enfants (ils étaient six en réalité) au destin tragique. Le résultat est un film dévastateur qui peut compter sur ses acteurs tous poignants. Actuellement en salles.

Synopsis : Les inséparables frères Von Erich ont marqué l’histoire du catch professionnel du début des années 80. Entrainés de main de fer par un père tyrannique, ils vont devoir se battre sur le ring et dans leur vie. Entre triomphes et tragédies, cette nouvelle pépite produite par A24 est inspirée de leur propre histoire.
Telle la prise de catch appelée « Iron Claw » (littéralement la griffe de fer) et popularisée par la famille Von Erich, le réalisateur et scénariste Sean Durkin nous accroche dès le début du récit pour ne plus jamais nous lâcher. Son emprise est forte et il nous dévoile avec beaucoup de pudeur et d’empathie ces faits déchirants sur cette famille. Quatre garçons solidaires entre eux et dévoués au catch subissent les volontés d’un père tyrannique. Nous ne croirions pas à cette histoire si elle n’était pas vraie. Holt McCallany (l’agent spécial du FBI dans la série de Fincher « Mindhunter ») est absolument terrifiant dans ce rôle de manipulateur dont le harcèlement psychologique poussera ses enfants sur des chemins dramatiques. Ces enfants interprétés par un quatuor d’acteurs en vogue : Zac Efron est impérial dans le rôle de Kevin Von Erich, certainement son meilleur rôle après « Paperboy ». À ses côtés, vous reconnaitrez la star de la série du moment « The Bear« , Jeremy Allen White, et Harris Dickinson vu dans la Palme d’Or 2022 « Sans Filtre« . Le jeune Stanley Simons dans le rôle du cadet et Lily James viennent boucler ce casting d’exception.

Durkin filme les Von Erich au plus près des corps et des âmes meurtris. Caméra à l’épaule, le cinéaste suit les frères sur plusieurs années, à la fois dans leur vie personnelle et sur le ring. Séquence après séquence, le spectateur subit avec eux la pression mentale, les entraînements acharnés et les matchs qui laissent des traces. « Iron Claw » est le parfait exemple des dérives dans la recherche de l’excellence et des espoirs que les parents projettent sur leurs enfants sans aucune considération. Sans jamais tomber dans le pathos, la surenchère ou le voyeurisme morbide, Sean Durkin a écrit avec beaucoup de justesse et d’authenticité les membres de cette famille. Le film porte très bien l’empreinte de son producteur indépendant A24, à la bande-son très cool et l’équipe a fait un super travail sur les costumes et les coiffures. Encore une fois, Zac Efron est royal et méconnaissable, et délivre une véritable performance physique tout en sensibilité et retenue jusqu’à ce final terrassant.
Sean Durkin confirme avec « Iron Claw » qu’il est un cinéaste passionnant à suivre. Il dépeint avec ce film une histoire qui a marqué sa jeunesse et qu’il a voulu retranscrire respectueusement. Belle réussite ! Au cinéma depuis le 24 janvier.
