Après « La cage dorée » et « Miss », Ruben Alves s’offre une escapade sérielle en Camargue pour une virée hot hot hot. Le réalisateur et scénariste met en scène les aventures d’une bande de potes qui deviennent « Escort Boys » pour sauver le domaine apiculteur familial. La série de Prime Video offre des moments sensuels et de grâce malgré des intrigues rabâchées.
« Escort Boys » saison 1 sur Prime Video : des sexualités et des jouissances !
La sexualité masculine se dévoile dans « Escort Boys ». Avec sa bande de potes variée (un homme marié, un jeune accro au porno, un serial coucheur et un obligé de le faire pour se sortir d’une mauvaise passe financière), Ruben Alves s’amuse à exposer à travers des dialogues honnêtes et directs la sexualité masculine. Problème d’éjaculation précoce, sentiments et sexe, apprentissage du plaisir, jouissances, pegging, rapport aux corps,… ça y va et c‘est clairement rafraîchissant de voir des hommes parler en tout franchise de sexe même si cela reste quand même très hétéro-normé. Avec simplicité et de très belles scènes de sexe, les plus chaudes des séries françaises (Corentin Fila, Simon Ehrlacher et Guillaume Labbé et leurs plastiques parfaites sont filmés sous toutes les coutures), « Escort Boys » s’aventure sur le terrain miné des relations sexuelles hommes/femmes pour nous parler aussi de rapports de pouvoir, de féminisme, de jouissance, de simulation et des injonctions persistantes face au sexisme et à l’âgisme. Bref, c’est une série éclairée qui a le mérite de presque tout abordé de front. Il serait clairement dommage de bouder son plaisir tant c’est fait avec amour, simplicité et avec une énergie solaire, douce et délicate.
Malheureusement, la série a quelques imperfections. « Escort Boys » n’arrive pas à passionner les foules sur certaines de ces intrigues : celle de Jack avec Mimi la foraine passe à côté (surtout la conclusion en une phrase…), le personnage de Simon Ehrlacher peine à convaincre vraiment, lui qui navigue sans but et celui de Guillaume Labbé est embourbé dans un triangle amoureux franchement ridicule et la garde de sa jeune soeur, la mac de l’opération, pas crédible pour un sou. Quand la série s’éloigne de son coeur de métier, quand elle ne parle plus de sexe, elle commence à galérer et ne plus savoir quoi raconter. Le personnage de Ludo, joué par l’épatant Thibaut Evrard, est le seul à sortir son épingle du jeu. Il a les rendez-vous les plus naturels, les plus sensibles, les plus élégants et son tête-à-tête avec la femme qui a subi une ablation du sein restera l’une des plus belles scènes de la saison.
« Escort Boys » sur Prime Video : en attendant une saison 2 !
Loin du « mommy porn » abruti et grossier à la « 50 nuances de Grey » et assimilés, cette première saison de 6 épisodes de 40 minutes est une délicate et sensuelle mais imparfaite exploration des masculinités et des sexualités qui s’adresse autant aux femmes qu’aux hommes. Des pistes prometteuses sont d’ailleurs lancées pour une potentielle suite et on espère vraiment que Prime Video renouvellera enfin une série française pour une saison 2. On le mérite après toutes ces annulations. Ruben Alves, qui sublime la Camargue à chaque plan, tient là une série qui pourrait devenir grande, une série qui pourrait faire date dans le paysage français. Il faut juste lui lancer le temps de rectifier ses petites erreurs, de recentrer les intrigues et de passer la vitesse supérieure. On ne demande que ça ! Alors vivement la saison 2 de « Escort Boys » !
Grosse mention spéciale à la BO originale et celles des titres sélectionnés de « Escort Boys » qui est terriblement magnifique, sexy et bandante !
