Retour gagnant pour le cinéaste français Just Philippot, après son premier long-métrage très remarqué, « La Nuée », oeuvre hybride à mi-chemin entre cinéma de genre et drame social. Avec « Acide », librement inspiré de son propre court-métrage, le réalisateur continue d’explorer ses thèmes fétiches (famille, écologie), l’homme et son rapport à la nature, avec un récit engagé à la croisée des genres. Au cinéma le 20 septembre.
Selma, 15 ans, grandit entre ses deux parents séparés, Michal et Élise. Des nuages de pluies acides et dévastatrices s’abattent sur la France. Dans un monde qui va bientôt sombrer, cette famille fracturée va devoir s’unir pour affronter cette catastrophe climatique et tenter d’y échapper.

Une course haletante est lancée pour une famille en proie à la survie dans un déluge d’émotions. Présenté au Festival de Cannes en mai dernier, en séance de minuit, hors compétition, « Acide » est porté par un grand Guillaume Canet, Laetitia Dosch et la jeune Patience Munchenbach. Ce trio qui forme la famille recomposée que nous suivons tout au long de l’histoire est le coeur du film et Just Philippot traite ses personnages avec beaucoup de justesse. Nous sommes happés par les événements qui se déroulent sous nos yeux et nous nous identifions sans peine aux protagonistes. Sans jamais tomber dans le pathos ou la surenchère, leurs interactions et réactions nous paraissent crédibles et sincères.
Évidemment, « Acide » ne révolutionne rien du film catastrophe mais il en prend un angle plus intimiste. Si toutes les cases du cahier des charges sont cochées (le protagoniste en quête de rédemption, la famille déchirée, le road-trip pour la survie), Philippot nous livre une histoire bien ficelée et joliment retranscrite à l’écran. Nous n’avions que peu de doutes concernant ses qualités de metteur en scène depuis « La Nuée » et son retour derrière la caméra était attendu au tournant. « Acide » mêle habilement le film catastrophe au film d’auteur et trouve son rythme de croisière aisément. Grâce à une tension qui est quasi constante et des personnages incarnés, nous sommes emportés dans la tempête et certaines séquences nous accrochent à notre siège.

Il faut bien le dire, certains plans du film sont superbes et ajoutent à la grandeur et à la puissance des éléments naturels. L’idée même de cette pluie qui se transforme en acide est terrifiante et crée en nous ce sentiment d’impuissance et de danger omniprésent. Elle est, par ailleurs, très bien exploitée tout au long du récit et visuellement bien représentée. Et, il nous faut souligner la bande originale de Robin Coudert aka ROB qui a signé celles de « Maniac » en 2012 (notre chouchoute) ou encore « Rock’n’Roll » de Guillaume Canet et « Papicha » en 2019. Sa musique électronique s’accorde parfaitement à l’ambiance électrisante du long-métrage.
C’est haletant, c’est beau et c’est signé Just Philippot. Le trio Canet, Munchenbach, Dosch est formidable. Alors, courez voir « Acide » dans les salles le 20 septembre et soutenez ce cinéma français-là. Quelle année cinématographique pour notre beau pays !
