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« Anatomie d’une chute » : Justine Triet remporte la Palme d’or et c’est mérité

Justine Triet vient de remporter la Palme d’or pour son film « Anatomie d’une chute » et The Spectators vient de le voir. On vous dit tout.

Alors que la programmation de Cannes était reprise à Toulouse, Paris, Rennes, Bordeaux, The Spectators en a profité pour rattraper quelques films de la sélection officielle et bingo, pendant notre visionnage du nouveau Triet, « Anatomie d’une chute » a reçu la Palme d’Or. On comprend pourquoi et on applaudit ce choix audacieux !

« Anatomie d’une chute » : Justine Triet décortique les rouages de la justice

La projection du film a fait sensation à Cannes. Un peu comme les trois films précédents, « La Bataille de Solférino« , « Victoria » et « Sybil« . Mais cette fois-ci, Justine Triet, en compétition officielle, repart avec la Palme d’Or. Elle devient la 3e réalisatrice à obtenir la récompense suprême, deux ans après Julia Ducorneau et son « Titane » toujours imprimé sur notre rétine. Ici Ruben Östlund et son jury récompense donc « Anatomie d’une chute » et la fascinante histoire d’une femme accusée d’avoir tué son mari alors que le doute plane sur un suicide. Ou vice-versa. Plus précise que jamais, plus proche que jamais de son héroïne et de son actrice, Sandra Hüller, toujours parfaite, plus chirurgicale, Justine Triet nous entraîne dans un drame de 2h30 qui explore les moments précédents le drame, l’enquête de la police et le procès. Sans mélo, sans artifice facile, avec une lente combustion, le film prend aux tripes, il fascine grâce à ce portrait de femme prise dans la tourmente, écrasée par la théâtralité et la dureté de la justice, obligée d’exposer sa vie de couple devant son enfant.

On ne ressort pas indemne de « Anatomie d’une chute« . Justine Triet et son co-scénariste Arthur Harari décortiquent les rouages de la justice mais aussi d’un couple en pleine dissolution. Avec une finesse machiavélique les scénaristes nous laissent toujours dans le doute et nous force à nous questionner, à subir le procès, les révélations, les preuves, les horreurs dites, autant que le personnage du fils, Daniel. Il est le coeur du film. L’acteur Milo Machado Graner est saisissant.

Le Palmé « Anatomie d’une chute » sera au cinéma le 23 août

Avec ce film de procès, c’est aussi l’occasion pour Justine Triet de décortiquer les préjugés et les failles. Ici, la victime est un homme, l’accusé est une femme. Et c’est toute une vision qui s’en trouve chamboulée. Justine Triet interroge le regard que la société porte sur les femmes alors que sa vie professionnelle, sa vie sentimentale, son rôle de mère et ses choix d’artiste sont passés au crible et jugés lors du procès bien plus que les faits. Le film bouscule. Il est dur. « Anatomie d’une chute » est fascinant. Il nous sort d’une zone de confort, nous pousse à la réflexion et nous tient en haleine jusqu’à sa conclusion. C’est un tour de force, à la limite du documentaire où Triet laisse sa caméra au plus près de ses acteurs et actrices, pour capter toutes leurs subtilités.

Cette Palme d’or pour « Anatomie d’une chute » est totalement méritée. Elle couronne une 76e édition qui aura secoué la Croisette et on a hâte de découvrir les autres films de toutes les sélections. Pour les plus impatients, sachez que le nouveau Justine Triet sortira donc au cinéma le 23 août prochain. The Spectators ne peut que vous recommander de vous précipiter en salles pour découvrir ce grand film, accessible et quasi nécessaire.

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Par stephaneserieseater

Sériephile et cinéphile. Fier d'être avec Mélanie les parents de The Spectators où on retrouve notre amour des blogs et du partage en tout simplicité de nos humbles avis. J'adore écrire et passer du temps à remplir les colonnes du site. Pour mon plaisir et pour le vôtre.

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