Alan Ritchson, le « Reacher » de Prime Video fait des infidélités à la plateforme le temps de « War Machine », film de SF qui vient de débarquer sur Netflix. The Spectators a vu et a apprécié. On vous dit tout !
« War Machine » sur Netflix : Alan Ritchson face à un robot
Il y a quelque chose de rassurant, presque de nostalgique, à voir « War Machine » débarquer en 2026 avec son postulat d’une candeur assumée : un colosse quasi-indestructible lâché dans un environnement hostile face à une menace extraterrestre, armé de ses poings, de son instinct et d’une mâchoire taillée dans le granit. Patrick Hughes, habitué aux récréations musclées depuis ses « Expendables« , sait exactement ce qu’il vend — et il le vend (à Netflix et à ses abonnés) sans fausse honte.
Sur le papier, la comparaison avec « Predator » s’impose d’elle-même, et le film ne cherche pas à la fuir. La forêt dense cède sa place à une forêt moins dense, la sueur et la boue restent, et le rapport de forces entre un robot alien surpuissant et un militaire hors-norme constitue l’ossature du récit. « War Machine » ne prétend pas réinventer le genre, il s’en réapproprie les codes avec efficacité et entrain. Ici, Hughes n’a pas filmé un film d’action : il a filmé Alan Ritchson en train de refuser de mourir, et c’est suffisant pour nous divertir.

Ritchson, toujours Ritchson, Ritchson encore et toujours
Si « War Machine » tient debout, c’est en très grande partie grâce à Alan Ritchson. Depuis que « Reacher« l’a propulsé en tête d’affiche, l’acteur a clairement trouvé son registre : celui du géant qui prend des coups de voiture comme d’autres reçoivent des tapes dans le dos, et qui répond avec la régularité implacable d’un métronome de 115 kilos. Son charisme physique n’est pas une performance — c’est une présence qui remplit l’écran sans effort apparent. Patrick Hughes exploite intelligemment cette matière première avec des scènes de combat chorégraphiées et franchement bien fichues aux effets franchement sympathiques.
Le vrai tour de force du film est son rythme. En 1h40, Hughes ne laisse guère le temps de souffler et évite l’écueil de la surcharge sensorielle qui asphyxie tant de productions d’action contemporaines. Avec une sobriété folle, il s’inspire follement des actioners des années 80 et délivre en fonction. Les séquences s’enchaînent avec une logique propre, chacune apportant une variation qui maintient l’intérêt sans jamais basculer dans la répétition mécanique.

« War Machine » avec Alan Ritchson : petit film de SF, grande franchise ?
Là où « War Machine » montre ses limites, c’est précisément là où « Predator » avait su creuser : la texture humaine autour du personnage central. Schwarzenegger était accompagné d’une escouade dont chaque membre était esquissé avec assez de caractère pour que leurs disparitions progressives aient un poids. Les personnages secondaires et anonymes du film de Netflix restent trop peu investis pour que l’enjeu dépasse le seul héros. On regarde, on apprécie, mais on ne s’attache guère. Sauf à notre « 81 » bodybuildé. Qui est notre seul point d’attache de ce petit film. Qui pourrait devenir grand.
Si le scénario, fonctionnel, ne risque aucune surprise narrative (tout se déroule selon une logique attendue, sans fausse note majeure mais sans audace particulière), on s’attend même à une suite. A la vue de la fin du film et si « War Machine » fonctionne, Netflix pourrait donc tirer sur la corde et proposer une franchise SF de baston face aux robots envahisseurs et franchement, si une suite est du même acabit, on prend sans problème car c’est franchement un divertissement réussi !
