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« Scream 7 » de Kevin Williamson : est-on trop vieux pour ces conneries ?

« Scream 7 » débarque dans les salles après du drama en coulisses er le spectateur subit donc le retour de Sidney au coeur de la saga.

Après du drama en coulisses et des actrices remerciées pour avoir des opinions humanistes, la franchise Scream a pris un virage qui a fait jasé : « Scream 7 » est donc un retour aux sources avec le comeback de la final girl par excellence, Sidney Prescott. Mais est-ce que cela valait le coup ? (SANS SPOILERS : AUTRE QUE CE N’EST PAS BON)

« Scream 7 » : Neve, Sidney et personne d’autre. Vraiment personne.

Alors que les deux opus précédents « Scream 5 » et « Scream 6 » avaient fait son travail de « legacyquel » de belle manière en rangeant au placard Sidney Prescott et en quittant Woodsboro, à cause du génocide à Gaza, nous revoilà dans les pattes de celle qu’on appellera désormais la « final girl par excellence », celle qui nous enterrera tous alors que la franchise Scream fête son 30e anniversaire cette année. Sidney is back, bitches.

Sidney est donc rétablie sur son piédestal : cela fait plaisir aux puristes et cela énerve les autres puristes. Ouais, nous sommes en 2026 et le monde est plus que binaire ; un rien impose les gens. Même le retour de Sidney (et Neve Campbell) au coeur de Scream. Je sais bien, y a pire. Mais voilà, nous y sommes. « Scream 7″ fait donc un pas de côté de l’expérience new-yorkaise avec la fille cachée de Barry Loomis (coeur sur toi Melissa Barrera) et nous refait le coup du legacyquel avec cette fois-ci Tatum, la fille de Sidney. Car oui Kevin Williamson s’est dit que c’était une bonne idée de faire revenir Sidney pour traumatiser sa descendance (incarnée ici par Isabel May). Bref, c’est dans les vieux pots qu’on fait les meilleures recettes a priori… Ou pas.

Après une scène d’ouverture plutôt réussie, le slasher prend son temps (et nous emmerde un peu pour le dire poliment) pour rejouer les tropes du genre. On découvre donc Pine Grove, ersatz de Woodsboro, Tatum et sa clique de potes/freaks qui ont tous des têtes de suspects et Sidney qui fait du Sidney. Elle est badass, sait tout mieux que tout le monde et elle sait qu’il faut tirer dans la tête du meurtrier sinon ça sert à rien. Sauf qu’elle s’est encroûtée un peu et la mère suffocante n’a rien appris de ses traumas et n’a rien transmis à sa mioche. Erreur fatale.

Williamson est en mode pilote automatique côté écriture (niveau réalisation, c’est pire pour cette première de Kevin : les scènes d’action ne sont pas loin d’être illisibles) et ne s’embarrasse pas pour dresser des stéréotypes stéréotypés de la Gen Z. Heureusement qu’il a de temps à autre des petits éclairs de génie. Le coup de l’IA et du deepfake, le retour de Mindy et Chad, la domotique, Gale en galère… mais rien n’y fait, il y a une petite odeur de naphtaline qui se dégage de ce nouvel opus. Le vent de fraîcheur des précédents épisodes a tourné. Au final, peut-être que le problème n’est pas vraiment Sidney Prescott mais plutôt juste Kevin Williamson.

« Scream 7 » avec Neve Campbell : 30 ans de Ghostface

En plus de nous rejouer les figures imposées sans la moindre trace d’humour, d’inventivité ou d’énergie, tout en égratignant les précédents opus, Kevin Williamson enterre la saga en jouant sur la nostalgie : ici, 30 ans après être passé sous le masque de Ghostface, le décédé Stu revient sur le devant de la scène… Ouais c’est une idée à la con (qui fonctionne quelques minutes mais pas plus), et vous n’êtes pas au bout de vos surprises car Williamson et ses co-scénaristes en ont quelques-uns dans leurs manches (on vous les laisse les découvrir pour les trouver aussi moisies que nous). Jouer sur la nostalgie pour faire revenir les Millenials est le pire qui pouvait arriver à la franchise, qui finit par s’auto-parodier un peu durant le monologue du Ghostface démasqué. J’avoue, j’ai levé les yeux au ciel, j’ai pouffé de dédain et je suis devenu l’émoji « qui lève les épaules devant tant de fainéantise et d’incompréhension et de stupidité« …

Après deux heures de « Scream 7 » et il m’a fallu presque 15h pour me décider à (me) dire que : trop, c’est trop. Je ne sais pas si c’est la saga qui a pris un coup de vieux (si, je viens de l’écrire) ou moi (oui, je suis plus vieux que le premier film donc j’en ai pris un aussi), mais il est peut-être vraiment temps pour l’un ou l’autre (sûrement plus moi) de dire : « Stop, ça suffit, on est trop vieux pour ces conneries !« . D’ailleurs, la mort le plus gore du film, pas demain la veille que je fous les pieds dans un bar, m’a exaspéré… signe avant-coureur d’une désamour pour une franchise que j’ai adorée pendant 30 ans. Perso, je n’en reprends pas pour 30 de plus. Donc « Scream 7 » sera mon dernier Scream. Sidney a transmis ses traumas à sa fille et moi je passe à autre chose.

Ghostface, merci pour les coups de poignard. Et bon vent.

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Par stephaneserieseater

Sériephile et cinéphile. Fier d'être avec Mélanie les parents de The Spectators où on retrouve notre amour des blogs et du partage en tout simplicité de nos humbles avis. J'adore écrire et passer du temps à remplir les colonnes du site. Pour mon plaisir et pour le vôtre.

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