Netflix étend l’univers de « Sandman » et de Neil Gaiman sur la plateforme en adaptant le comics spin off « Dead Boy Detectives« . Et cette oeuvre dérivée fait la part belle à un univers toujours aussi foisonnant et permet de parler de traumas et résilience avec intelligence. The Spectators recommande.
« Dead Boy Detectives » saison 1 : noirceur et lumière de vies fantômatiques
Edwin est mort en 1916. Charles en 1989. Depuis la mort du second, les deux jeunes hommes ont créé la « Dead Boy Detective Agency » et ils aident les âmes en peine des fantômes à aller soit au Paradis, soit en Enfer, histoire d’éviter d’errer éternellement sur Terre. La saison 1 de la nouvelle série de Netflix prolonge donc l’univers foisonnant, enthousiasmant du comics et de la série « Sandman » dont « Dead Boy Detectives » est un spin off crée par Neil Faiman et Martin Wagner. Ici, nos héros et Crystal, le medium et Niko la colocataire la plus gentille de l’univers croiseront deux personnages, Death et Despair. Mais promis, pas besoin d’avoir vu « Sandman » pour succomber au charme fou de « Dead Boy Detectives« . La série a sa propre atmosphère, ses codes, ses audaces qu’elle cache sous un procedural Young Adult. Il ne faut pas s’arrêter aux enquêtes de ces fantômes qui aident des fantômes, qui luttent contre des sorcières, des démons, la Mort, la bureaucratie et de multiples ennemis. Au travers d’une belle galerie de personnages, interprétés par une belle bande de jeunes acteurs, « Dead Boy Detectives » plonge dans les horreurs des traumas et de l’emprise qu’ils peuvent avoir sur nous.
Violence physique et moral, emprise psychologique, harcèlement, bizutage, homophobie, mal-être adolescent… la noirceur des enquêtes, des thématiques abordées frontalement, sans détourner le regard, avec intelligence, est compensée par la beauté des sentiments de nos héros. Ils grandissent, s’entraident, se sauvent et se prodiguent un amour qu’il n’ont pas connu. La résilience d’Edwin, Charles, Crystal, Niko (ma préférée, ndla) ou encore Jenny se gagne durement mais permet à cette bande de « misfits » de s’ouvrir et de trouver leurs places dans un monde dur et violent. Le parcours des détectives éctoplasmiques se suit avec un plaisir non dissimulé tout au long des 8 épisodes, même si il peut lui manquer une touche d’imprévisibilité et de folie.
« Dead Boy Detectives » sur Netflix : guérir pour mieux se trouver !
En plus de s’aider mutuellement à avancer, à tourner la page de leurs passés compliqués, les membres de la Dead Boy Detective Agency doivent aussi à trouver le courage de se trouver. La série navigue tout au long de sa courte saison avec une très belle élégance entre quête d’identité, émancipation/acceptation de son héritage familial et découverte de ses sentiments et de sa sexualité. Steve Yockey, le créateur et showrunner de la série (queer et fière), mène sa barque avec intelligence, jouant avec les codes du YA et mène à bon port ses personnages qui traversent des tempêtes. On ne peut qu’applaudir les portraits délicats qu’il a brossé en cette saison 1. Il s’ouvre aussi les portes pour la suite. Les personnages ont tellement changé (ne parlons même pas de la situation finale) qu’il évitera clairement les redites si saison 2 il y aura. La saison 1 de « Dead Boy Detectives » est donc un tout rondement mené, addictif, malin et émouvant et qui nous laisse agréablement dans l’expectative d’un renouvellement bien mérité. Netflix, si tu nous lis, tu sais quoi faire. Sinon, on t’envoie des fantômes pour te hanter et tu n’auras pas de « Dead Boy Detectives » pour t’aider !
NB : le générique de « Dead Boy Detectives » est splendide et tellement fun. L’un des meilleurs de la plateforme (avec celui de « BoJack Horseman« ) :
