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« Sons » : nouvelle pépite danoise

« Sons » est le nouveau film du réalisateur danois Gustav Möller qui avait déjà fait sensation avec son thriller psychologique « The Guilty ». Décidément adepte du genre, il signe avec son deuxième long-métrage une oeuvre forte et marquante présentée en compétition à la Berlinale 2024. Le film, qui sortira sur nos écrans le 1er mai, peut remercier son actrice principale : Sidse Babett Knudsen pour son interprétation de très haute volée. En salles le 10 juillet.

Synopsis : Eva, gardienne de prison exemplaire, fait face à un véritable dilemme lorsqu’un jeune homme de son passé est transféré dans l’établissement pénitentiaire où elle travaille. Sans dévoiler son secret, Eva sollicite sa mutation dans l’unité du jeune homme, réputée comme la plus violente de la prison.

Gustav Möller s’attaque au milieu carcéral et apporte une histoire originale à un sous-genre déjà bien usé. Fasciné par les prisons, comme il l’indique dans une interview, le cinéaste traite de l’intime et de l’humanité au travers de personnages forts et bien développés. Dans ce thriller psychologique où la morale n’a pas de sa place, celle de la protagoniste la gardienne de prison Eva hansen, va être mise à rude épreuve. Sidse Babett Knudsen interprète avec brio, force et sensibilité, cette femme complexe. L’actrice danoise a notamment fait quelques détours par le cinéma français, en 2015, elle gagnait le César de la Meilleure Actrice dans un Second Rôle pour son rôle dans « L’Hermine ». Le réalisateur, à travers les yeux d’Eva, nous plonge dans un univers sans foi ni loi, âpre et dur. L’émotion naît de cette surveillante compatissante qui va peu à peu tomber dans l’engrenage carcéral. Avec beaucoup de justesse, Gustav Möller met en lumière les questions de la justice et et de la vengeance, mais aussi de la haine et du pardon.

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Co-scénariste de « Sons » avec Emil Nygaard Albertsen, Möller interroge sur cette idée de seconde chance. Est-ce que les détenus, même les plus dangereux, ont le droit à la réhabilitation, à une deuxième chance ? Pour cela, ils confrontent deux personnages enfermés de part et d’autre de la prison, la gardienne et le prisonnier. La première est tout autant emprisonnée que le second et son développement est passionnant à suivre. Gustav Möller, en utilisant différents ratios d’image, enferme ses personnages au sens propre comme au sens figuré. Les bords du cadre reflètent inévitablement les murs physique et psychologique de la prison. Avec une mise en scène à la fois millimétrée et déchaînée, il nous embarque dans ce corps à corps brutal. Par ailleurs, le travail de recherche se ressent dans ce récit hyper tendu où le réalisateur s’amuse avec les codes du film de prison. Il déjoue sans cesse nos attentes et nous balade dans les confins du système carcéral, pour notre plus grand plaisir.

Nous avons ADORÉ “Sons” et nous pouvons que vous le conseiller. Vive Sidse Babett Knudsen et rendez-vous au cinéma le 10 juillet.

2 replies on “« Sons » : nouvelle pépite danoise”

Sans nullement remettre en cause l’interprétation de Knudsen, je n’ai absolument pas été séduit et encore moins convaincu par ce thriller mental et carcéral. Rien ne va dans ce scénario qui met aux prises une mère et le bourreau de son fils : comment peut-elle intégrer l’unité dans laquelle il a été transféré sans éveiller le moindre soupçon ? Comment peut-elle être maintenue à son contact après la bavure énorme qu’elle commet ? Même les choix de mise en scène venant pourtant du réalisateur audacieux de « The Guilty » tournent à vide. Grosse douche froide en ce qui me concerne.

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Oh dommage mais je comprends ! À l’inverse, j’ai été happée par le film, je lui pardonne volontiers ses petites incohérences. Si sa mise en scène n’est pas révolutionnaire, je l’ai quand même trouvé soignée et maîtrisée. Il est vrai que le jeu des acteurs est clairement le point fort du film.

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