Dev Patel en a parcouru du chemin depuis les bancs de la série britannique Skins first generation. C’est avec une joie immense que nous avons découvert son tout premier film Monkey Man. Et quel film ! Réalisateur, co-scénariste et acteur principal de ce thriller d’action sur-vitaminé, l’acteur anglais d’origine indienne met du coeur à l’ouvrage en représentant sa culture et toute l’essence de sa mythologie. À voir en salles ce 17 avril.
Synopsis : En Inde, un jeune homme sort de prison. Il se retrouve dans un monde où règne la cupidité des chefs d’entreprise et, à l’inverse, l’érosion des valeurs spirituelles.

Vous le lirez partout, Monkey Man est plus qu’un film d’action. Plus qu’un « John Wick indien », cité ouvertement dan les dialogues, le film excelle dans le genre du film d’action et Dev Patel lui délivre une âme forte et touchante, dans une histoire visiblement chère à ses yeux. Du mythe slave du Baba Yaga à celui représenté ici, le Hanuman, le récit nous transporte au coeur de l’Inde dans la ville fictive de Yatana. Le réalisateur, producteur, co-scénariste et acteur principal, Dev Patel, nous livre une performance de haute volée à tous les niveaux. Pourtant, son premier long-métrage a bien failli ne pas voir le jour. Initialement acheté par Netflix, la plateforme a hésité à sortir le film du fait de son commentaire politique. C’est alors que le producteur et réalisateur Jordan Peele (Get Out, Us, Nope) a vu le film et a décidé de le co-produire en plus de négocier une sortie cinéma auprès du distributeur Universal Pictures. Merci Jordan Peele.
Comme s’il était né pour réaliser et interpréter ce personnage, Dev Patel démontre des capacités physiques tout à fait exceptionnelles, au-delà de ses talents d’acteur bien connus. Ses scènes de combats sont hallucinantes et n’ont rien à envier aux autres films qui ont fait la réputation du film de vengeance (John Wick comme mentionné plus haut mais aussi des références à Kill Bill de Quentin Tarantino). On sent que le britannique se fait énormément plaisir et s’offre le rôle qu’on ne lui a jamais offert. Et sa passion transperce l’écran et nous communique une énergie débordante. Par ailleurs, on peut voir l’inspiration puisée dans ses précédentes collaborations : Slumdog Millionaire de Danny Boyle pour la manière de filmer la ville et Chappie du sud-africain Neill Blomkamp pour l’action acérée et fracassante sont les premiers noms qui nous viennent en tête.

À l’origine de Monkey Man, Dev Patel souhaitait d’ailleurs que ce dernier réalise le film. Le réalisateur de District 9 et Elysium a refusé et lui a conseillé de le mettre en scène lui-même. Merci Neill Blomkamp. Pour la petite anecdote, l’acteur retrouve ici son ancien partenaire de jeu, un autre sud-africain, fidèle de Blomkamp, et trop peu présent sur nos écrans : Sharlto Copley. En fin de compte, la réalisation du long-métrage est très inspirée et référencée avec parcimonie. De sa très belle photographie « néon » en passant par son montage effréné, Dev Patel use de toutes les possibilités offertes par son médium. Certains mouvements de caméra sont visuellement très cool et le travail des chorégraphies est recherché et spectaculaire. Le film vous tiendra en haleine jusqu’au dernier acte malgré quelques petites facilités et incohérences du scénario qu’on lui pardonne volontiers.
Finalement, ce qui fait la force de Monkey Man, c’est la représentation de la culture indienne et hindoue. Un récit qui est aussi beau qu’il n’est tragique. La richesse de l’histoire est sa capacité à exploiter toute la mysticité de l’Inde tout en dénonçant une vérité glaçante sur ce pays déchiré. Il aborde de nombreux thèmes de manière frontale tels que la religion à travers les méfaits d’un guru, mais aussi la foi, la politique, la lutte des classes, et d’autres avec plus de pudeur et de justesse comme la transidentité. Le film saura trouver un large public grâce à ses différentes facettes : une histoire intimiste et universelle qu’il exprime au travers d’un film d’action brutal et sanglant mais avec un sens du divertissement certain. Et ça fait tellement du bien !
Voilà une séance de cinéma galvanisante qui vous attend dès le 17 avril prochain. Nous avons été impressionnés par cette première réalisation de Dev Patel et on compte sur vous pour la célébrer.
