Sous la caméra de James Mangold, Harrison Ford a ressorti son chapeau et son fouet, une dernière fois, pour les ranger définitivement. The Spectators a vu cette dernière aventure, « Indiana Jones et le cadran de la destinée ». On vous dit tout.
« Indiana Jones et le cadran de la destinée » : dernier tour de piste.
Août 1969. Indy a vieilli. Sa vie ne ressemble plus à rien (surtout après la fin de « Indiana Jones et le royaume du crâne de cristal« ) et il est un vieux grincheux qu’on met à la retraite. Il est l’ombre de lui-même et ça, James Mangold, le réalisateur, le met bien en scène. C’est d’ailleurs la grande force de cette cinquième aventure de notre intrépide aventurier. Après « Logan » et son Wolverine usé, Mangold signe donc la mise au placard d’Indiana Jones avec une belle élégance dans un dernier tour de piste malheureusement longuet et franchement prévisible. Mais il serait dommage de bouder son plaisir car il y a de bonnes choses dans ce « Indiana Jones et le cadran de la destinée« . Du rythme, la description d’un monde qui a changé et surtout Phoebe Waller-Bridge, qui incarne le filleule d’Indy, rayonne de bout en bout et son duo avec Harrison Ford fait des étincelles. C’est le moteur d’un film qui déroule toutes les scènes qu’on attend de lui. Plus de 40 ans après le premier film, la mécanique n’a pas changé ; les fans ont vieilli mais n’ont pas oublié tout ce que doit contenir un film Indiana Jones. Tout au long des 2h34 de cette aventure, on coche mentalement les cases. Des nazis. Check. Une course-poursuite en voiture. Check. Un coup de fouet. Check. Des serpents. Pas check (enfin sauf dans la tête d’Indy. Et ainsi de suite.
Pas d’effets de surprises donc. On aurait été en droit de les attendre surtout qu’on savait que cela serait la conclusion de la saga initiée par Steven Spielberg et George Lucas. Cela aurait pu être une apothéose dans un feu d’artifices. Mais non, James Mangold et ses scénaristes Jez Butterworth, David Koepp, John-Henry Butterworth ont pris le contre-pied. Ils ont tout misé sur la douceur. Ils sont parvenus à créer de beaux moments d’émotions autour de la famille Jones et de leurs amis. La scène finale est d’ailleurs très belle et fendra le coeur de beaucoup.
« Indiana Jones et le cadran de la destinée » : et maintenant ?
Harrison Ford a clairement dit que c’était son dernier film Indiana Jones. Il a 82 ans et c’est normal. Vaut mieux ça que nous offrir des scènes avec CGI un peu dégueu pour nous faire croire qu’il peut encore faire des cascades rocambolesques. D’ailleurs, le de-aging de Ford lors que la scène inaugurale qui se passe en 1945 laisse un goût amer. C’est mieux que ce qu’on a pu voir mais les effets spéciaux ne tiennent pas la route sur toute la durée. Frustant et un peu moche, cela gâche le plaisir. Donc il est bien que Ford arrête, que le Professeur Jones prenne sa retraite (bien méritée), qu’Indiana Jones range son fouet.
Il était murmuré que le personnage d’Helena Shaw, jouée par Phoebe, pourrait reprendre le flambeau mais on voit mal l’actrice et scénariste, se lancer dans cette aventure surtout qu’a priori, elle planche actuellement sur une série Tomb Raider, la digne héritière d’Indy. La boucle est donc bouclée mais pas de la façon qu’on aurait cru. Bref. Il ne serait à rien de parler du futur. Restons donc sur le présent film, sur ce Indiana Jones 5 qui nous plonge dans le passé avec délectation.
